Appel à communication

 

 

APPEL À COMMUNICATION

Mardi 26 novembre 2019 – Institut d’Urbanisme et de Géographie Alpine,

Université Grenoble Alpes

Grenoble

 

Villes moyennes, villes plurielles

Comment saisir l’objet “ville moyenne” malgré sa diversité ?

 

 

Journée d’étude à destination des jeunes chercheur.e.s

 

Résumé

Les doctorant-e-s du laboratoire Pacte (UMR 5194, Grenoble) et du laboratoire Géographie-cités (UMR 8504, Paris) s’associent pour organiser, le mardi 26 novembre 2019, à l’Institut d’Urbanisme et de Géographie Alpine de Grenoble, une journée d’étude à destination des jeunes chercheurs.e.s. Intitulée « Villes moyennes, villes plurielles », cette journée vise à interroger, collectivement, la diversité des acceptions, des trajectoires, des enjeux, ou des configurations spatiales propres aux villes moyennes.

 

Date et lieu de la journée

Mardi 26 novembre 2019

UMR 5194 Pacte, IUGA

Cité des territoires de Grenoble

14 rue Marie Reynoard

38100 Grenoble

 

Date limite de soumission

28 octobre 2019

 

Site internet de la journée

https://jrpactegeocites.sciencesconf.org/

 

Contact

jrpactegeocites@gmail.com

 

Annonce

L’actualité médiatique et politique de ces dernières années, en particulier depuis le lancement du plan national Action Cœur de Ville par le gouvernement, en octobre 2017, a permis de remettre au goût du jour les nombreuses recherches autour des villes moyennes. Si elles sont souvent présentées comme ayant été en marge des débats scientifiques de ces trente dernières années, dominés par la compréhension du fait métropolitain (Bell and Jayne, 2009), il existe en réalité une tradition d’études sur les villes moyennes au sein des sciences sociales – telles que la géographie, l’aménagement et l’urbanisme, l’économie régionale et urbaine, les sciences politiques ou encore la sociologie – (Demazière, 2014). La mise en perspective de nombreux travaux nourris par ces dernières – en France mais aussi en Europe et à l’international (Bellet et Llop, 2003) – permet de rendre compte de l’extrême hétérogénéité de ce que l’on nomme communément « ville moyenne ».

Cette diversité se manifeste, en premier lieu, par la difficulté, souvent soulignée, à les caractériser. Ainsi, Roger Brunet en 1997, les définissait comme « un objet réel non identifié » (Brunet, 1997). Elles font donc partie du « réel » car il existe, incontestablement, une réalité de villes qui ne relèvent ni de l’espace rural, ni du rayonnement national, voire international, de certaines métropoles concentrant une part croissante de la population et des pouvoirs politiques et économiques. Mais elles sont aussi considérées comme un objet « non identifié » car il reste bien difficile de les catégoriser et les circonscrire. Certains travaux les définissent par leur taille, plus précisément par un seuil de population (Aubry et Léger, 2012), tel que le propose l’INSEE. Mais F. Taulelle (2010) explique qu’il existe presque autant de seuils que de chercheurs ou d’organismes en charge de collecter et de traiter des données sur ces villes. Certains auteurs insistent sur la prise en compte d’autres critères en les caractérisant par les fonctions qu’elles assurent (Carrière, 2008 ; Jousseaume et Talandier, 2016) ou leur dimension politique (Béhar, 2012) témoignant, là encore, d’une pluralité d’acceptions des « villes moyennes ».

Au-delà de ces débats relatifs à leur caractérisation, les villes moyennes connaissent également des trajectoires économiques, sociales, démographiques et politiques extrêmement variées. Après avoir été particulièrement touchées par les crises industrielles des années 1970 (Santamaria, 2012), le double mouvement de métropolisation, avec le départ d’un certain nombre de services publics et d’emplois vers les grandes villes (Courcelle et al., 2017), et de périurbanisation, marquant l’installation de commerces et de maisons individuelles en périphérie des centres, a pu fragiliser un certain nombre de villes moyennes (De Roo, 2005 ; Madry, 2017) qui présentent alors des signes de perte de vitalité (Berroir, et al., 2019). D’autres territoires considérés comme des « villes moyennes », connaissent néanmoins des dynamiques économiques plus favorables liées à l’industrie, c’est le cas par exemple à Figeac ou à Vitré (Bouba-Olga, 2018), ou au tourisme (Vacher and Vye, 2012). Par ailleurs, les études sur l’économie résidentielle (Davezies 2009) ont mis en exergue, en France comme dans d’autres pays européens, une déconnexion croissante entre les terrtoires de la croissance, de la production, de l’exportation et les enjeux de développement au sens de l’amélioration des conditions de vie des populations  (Talandier, Davezies 2009) en effet, les territoires « producteurs » de richesses ne sont pas mécaniquement ceux où l’on observerait une amélioration des conditions de vie des populations. Cela a amené à penser le développement en termes de systèmes productivo-résidentiels (Talandier 2012), d’interactions et de réciprocité entre les territoires, en mettant en avant l’importance des moteurs de développement non productifs (tourisme, retraites, redistributions publiques et sociales…). Cela peut influencer la perception des villes moyennes, ces études ayant mis en avant une variété de leviers activables et de trajectoires possibles de développement.

Une autre lecture, par la spatialité, contribue également à souligner la diversité des villes moyennes. Il existe des travaux qui mettent en exergue l’hétérogénéité des situations spatiales de ces villes lorsqu’on les considère dans un contexte macro-régional (CGET 2018 ; Rolland-May, 2001). Cette typologie spatiale peut se résumer en trois grandes catégories : les villes moyennes « satellisées » par les métropoles, « influencées » ou « éloignées » de ces dernières (Nadou, 2010). Ainsi, le rôle joué par les villes moyennes peut être influencé par leur positionnement vis-à-vis d’une grande ville mais aussi par leur insertion dans un contexte régional plus ou moins favorable. En France, notamment, les dynamiques économiques et démographiques du Grand-Ouest et des métropoles profitent généralement aux villes moyennes à proximité, tandis que les villes moyennes du Nord-Est ou dans des zones d’emplois en difficulté pâtissent d’un environnement fragile (Béhar et Estèbe, 2019). La multiplicité des distributions spatiales souligne des trajectoires différentes pour les villes moyennes qui reflètent les dynamiques d’un contexte macro-régional (CGET, 2018).

Ces différentes approches de l’objet « villes moyennes », par leurs définitions, leurs trajectoires ou leurs spatialisations, permettent, déjà, de mettre en exergue leurs pluralités. La diversité au sein de cette catégorie devient encore plus évidente en tournant le regard vers d’autres contextes, qu’ils soient européens ou internationaux. Le projet de recherche TOWN – Small and Medium-Sized Towns, du programme européen ESPON, souligne les différentes acceptions et approches européennes de ce sujet (Servillo et al., 2014). D’autres chercheurs nous permettent cette mise en perspective européenne (Santamaria, 2012 ; Rozenblat et al., 2011 ; Cortesi and Lemmi, 1995), mais aussi internationale. La majorité de la population mondiale se concentrant désormais dans les villes des Suds, toute taille confondue, une ouverture vers ces contextes semble également indispensable (Robinson 2006 ; Roy 2011) si l’on cherche à questionner l’objet villes moyennes. En effet, dans les Suds, ces villes – dites moyennes (Champaud 1989 ; Maturana et al 2017), intermédiaires (CGLU 2018), secondaires (OECD 2015), satellites (Kachipande 2013) et parfois nouvelles (Gaborit,  2013 ; van Noorloos and Kloosterboer 2018) – sont porteuses d’enjeux socio-économiques différents mais tout aussi importants pour le développement. Elles tiennent ainsi une place de plus en plus importante dans les stratégies des États soucieux d’assurer l’équilibre entre leurs territoires et de désengorger leurs principales agglomérations.

Ces pistes de réflexion qui rendent compte de la diversité et de la pluralité des villes moyennes n’ont pas vocation à être exhaustives mais reflètent toute les difficultés épistémologiques, méthodologiques et empiriques de cet objet d’étude.

Cette journée jeunes chercheur.e.s sera ainsi l’occasion de croiser les regards sur les villes moyennes, de France et d’ailleurs, en questionnant leurs définitions, trajectoires, enjeux et spatialisations au prisme de différentes disciplines. Dans cette perspective, le présent appel à communication est adressé à tous les doctorant.e.s et jeunes docteurs qui souhaitent travailler collectivement, le temps d’une journée, autour de cette diversité. Les interventions seront structurées en tables rondes, abordant différents aspects de la problématique, et nous permettant de collectivement progresser autour des questionnements proposés : Comment saisir l’objet « ville moyenne » malgré son hétérogénéité ? Comment peut-on, ou non, dépasser cette aporie de la diversité ? Cela est-il même souhaitable ?

Les échanges de cette journée ont vocation à être valorisés dans un format qui reste à déterminer mais sur lequel une réflexion est engagée et des propositions débattues.

 

Modalité de soumission

La proposition de communication devra traiter de ce sujet par une entrée thématique, méthodologique et/ou un cas d’étude, en France ou à l’international. Ces propositions s’organiseront autour d’un texte de 5000 signes au maximum, bibliographie incluse. Les proposant.e.s devront également préciser leur statut, leur structure de rattachement, le sujet de thèse, l’année d’inscription en thèse, le.la directeur/directrice de thèse pour les doctorant.e.s, ainsi que les domaines de recherche et mots clés.

Les résumés sont à déposer sur le site de l’évènement : https://jrpactegeocites.sciencesconf.org/ avant le lundi 28 octobre 2019. En cas de problème de connexion au site, vous pouvez nous contacter à l’adresse mail : jrpactegeocites@gmail.com

 

Éléments bibliographiques

Aubry (B.), Léger (J.-F), 2012, « Les villes moyennes françaises : une catégorisation à l’épreuve des dynamiques sociodémographiques. » in Cahier de Démographie Locale, Dynamiques des populations locales, pp. 159–213.

Béhar (D.), 2012, « La place des villes moyennes dans l’action publique territoriale : une figure revisitée de l’égalité des territoires », in Vivre La Rénovation - Les Nouvelles Pratiques d’habiter. Rencontres urbaines de Mazier, Saint-Brieuc.

Béhar (D.), Estèbe (P.), 2019, « Un défi politique au-delà de la moyenne », in Scet, Chronos, Tendances. Répondre aux nouveaux défis des territoires, num. 6, pp. 13-15

Bell (D.), Jayne (M.), 2009, « Small Cities? Towards a Research Agenda. » in International Journal of Urban and Regional Research, num. 3, vol. 33, pp. 683–699.

Berroir (S.), Fol (S.), Quéva (C.), Santamaria (F.), « Villes moyennes et dévitalisation des centres : les politiques publiques face aux enjeux d’égalité territoriale », in Belgeo, num. 3, accessible en ligne : http://journals.openedition.org/belgeo/33736

Bouba-Olga (O.), 2018, « En finir avec l’obsession métropolitaine. » accessible à :  https://www.caissedesdepots.fr/en-finir-avec-lobsession-metropolitaine (accessed 08.07.19)

Brunet (R.), 1997, «Territoires de France et d’Europe. Raisons de géographe.»éd. Belin, col. Mappemonde, 320p.

Carrière (J.-P.), 2008, « Les villes intermédiaires européennes et l’Europe polycentrique ? » in Annales des Mines - Réalités Industrielles, vol. Février 2018, num. 1, 18p.

Gaborit P. (dir.), 2013 «News Medinas : vers des villes nouvelles durables ? Expériences croisées au nord et au sud de la Méditerranée », PIE Peter Lang, Bruxelles, 202 p.

CGET, Boutet (A.), Albertini (J.-B.), Aboulker (M.), Cordobes (S.), Kacza (D.), 2018, «Regards croisés sur les villes moyennes: des trajectoires diversifiées au sein des systèmes territoriaux ». éd. La documentation française, 80p.

CGLU - Cités et Gouvernements Locaux Unis, 2018. «Déclaration des villes intermédiaires de CGLU», Congrès CGLU de Bogotà & Habitat III, 3ème Conférence des Nations Unies pour le Développement Urbain, Bogota, Juillet

Champaud (J.), 1989. « A la recherche des villes moyennes… » in Antheaume (B.), Blanc-Pamard (C.), Chaleard (J-L.) et al., Tropiques, lieux et liens, pp. 362-374

Cortesi (G.), Lemmi (E.), 1995, « Rôle et fonctions des villes moyennes italiennes. » in Cahier Méditerranée, vol. 50, pp. 105-124

Courcelle (T.), Fijalkow (Y.), Taulelle (F.), 2017.«Services publics et territoires. Adaptations, innovations et réactions.», éd. Presses universitaires de Rennes, col. Espace et Territoires, 254p.

De Roo (P.), 2005, « Livre Blanc. Villes moyennes, villes d’intermédiation. Pour une diversité des modèles de développement urbain. », 160p.

Davezies (L.), 2009. «L'économie locale  “résidentielle” », Géographie, économie, société 2009/1 (Vol. 11), p. 47-53.

Demazière (C.), 2014, « Pourquoi et comment analyser les villes moyennes ? Un potentiel pour la recherche urbaine. » in Métropolitiques, accessible en ligne : https://www.metropolitiques.eu/Pourquoi-et-comment-analyser-les.html (accessed 08.07.19).

Jousseaume (V.), Talandier (M.), 2016, « Bourgs-centres et petites villes en France. Méthode pour une base harmonisée de l’armature urbaine française. » in Territoires en mouvement. Revue de géographie et aménagement, num. 32

Kachipande (S.), 2013, «A new African dream: The benefits of satellite cities for East Africa. » accessible en ligne :      http://www.consultancyafrica.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1300:a-new-african-dream-the-benefits-of-satellite-cities-for-east-africa&catid=90:optimistic-africa&Itemid=295

Lajugie (J.), 1974, «Les Villes moyennes», éd. Cujas, Paris, Connaissances économiques, 216p.

Llop (JM.) et Bellet (C.), 2003, « Villes intermédiaires, profils et lignes ». Deuxième phase du programme CIMES : Villes intermédiaires et urbanisation mondiale

Nadou (F.), 2010, « La notion de « villes intermédiaires », une approche différenciée du rôle des villes moyennes: entre structuration territoriale et spécificités socio-économiques. » in Villes petites et moyennes, un regard renouvelé, Tours, 20p.

Madry (P.), 2017, « Le commerce, un enjeu pour les agglomérations moyennes », in Les dossiers FNAU, Révéler le potentiel des agglomérations moyennes, pp. 29-30

Maturana et al, 2017, «Sistemas urbanos y ciudades medias en Iberoamérica.» Santiago: Serie GeoLibros, Instituto de Geografía, Pontificia Universidad Católica de Chile.

Ritma, «Les territoires de marges, Presses universitaires de Strasbourg, pp 39-60.

Robinson (J.), 2006,«Ordinary Cities : between modernity and development.» London : Routledge, 224p

Rolland-May (C.), 2001, « Périphéries, bordures, marges territoriales : sous les mots les concepts », in

Rozenblat (C.), Cicille (P.), 2011, «Les villes européennes: analyse comparative». DATAR, Paris, 94p.

Roy (A.), 2011, « Slumdog cities: rethinking subaltern urbanism. », in International Journal of Urban and Regional Research, vol. 35, num. .2, pp. 223–38.

Santamaria (F.), 2012, «Les villes moyennes françaises et leur rôle en matière d’aménagement du territoire : vers de nouvelles perspectives ?», in Norois, num. 223, pp. 13–30. https://doi.org/10.4000/norois.4180

Servillo (L.), Atkinson (R.), Smith (I.), Russo (A.), Sykora (L.), Demazière (C.), Hamdouch (A.), 2014,«TOWN Small and medium sized towns in their functional territorial context», ESPON, 84p.

Talandier, M., 2012. «L’émergence des systèmes productivo-résidentiels». XLIXe Colloque de l’ARSDLF: Industrie, villes et régions dans une économie mondialisée, Juillet, Belfort, France

Talandier M., Davezies L., 2009. «Repenser le développement territorial? Confrontation des modèles d’analyse et des tendances observées dans les pays développés», publié à la documentation françaises – Ed. PUCA, Coll.  Recherche, 144 p

Taulelle (F.), 2010, « La France des villes petites et moyennes », in Cailly (L.) et Vanier (M.), La France : une géographie urbaine. pp. 138–154.

Van Noorloos (F.), Kloosterboer (M.), 2018, « Africa's new cities: The contested future of urbanisation. » in Urban studies, 55(6), pp. 1223–1241.

Vacher (L.), Vye (D.), 2012, « La ville moyenne touristique est-elle encore une ville moyenne ? Une approche par les populations présentes. », in Norois, num. 225, pp. 75–91.

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